Categorie HR Manager de l'annee

Kristian Vandenhoudt

Atlas Copco





« On n'est pas un îlot isolé au sein de l'entreprise »

En tant que Vice-Président HR d'une des plus importantes divisions du fabricant de machines industrielles Atlas Copco, Kristian Vandenhoudt exerce un rôle à la fois stratégique et opérationnel. Au sein du groupe depuis presque dix ans, il envisage la division des ressources humaines comme un prestataire de services à ses clients internes dans une forte interconnection aux autres départements de l'organisation.

Les projets qu'il défend témoignent de son rôle clé dans l'organisation. Un premier porte sur le développement et sur l'implémentation d'un nouvel outil dans une vingtaine de pays partout dans le monde. Il s'agit d'une stratégie et d'un outil de soutien à l'employer branding au plan local, centré sur les marchés émergents, les profils de techniciens et la diversité de genre. Le deuxième consiste en une campagne 'positive' de réduction de l'absentéisme aboutissant à le baisser de 36% dans une des activités, avec des impacts très directs pour le business en coûts du travail et en productivité. Le troisième a contribué à faire d'Atlas Copco un employeur davantage connu auprès du grand public, en développant un story model visant à intéresser les journalistes. Ce projet a permis d'avoir une couverture médiatique importante.

« Personnellement, je crois avoir parcouru un trajet professionnel particulier, admet Kristian Vandenhoudt. J'ai découvert la valeur essentielle des ressources humaines assez tardivement après plusieurs expériences en business et en management. Je pense que cela m'aide à mieux comprendre les besoins de mes clients internes. De la même façon que je n'hésite pas à appliquer des principes marketing à mes missions. Ma vision sur le métier est que la division RH n'est aucunement une île isolée dans l'entreprise. Ils se nourrissent d'interactions avec la communication, le marketing etc. »

Une dynamique decentralisee

Atlas Copco est une entreprise basée en Suède. Elle est leader de marché  dans 4 grands domaines : le développement de compresseurs et de groupes électrogènes, le matériel de forage et de démolition, les outils industriels et les systèmes d'assemblage. Fondé en 1873, ce constructeur s'est depuis construit un réseau international conséquent et dessert des clients dans près de 170 pays. Décidée en Suède, la stratégie du groupe percole à travers implantations sur les cinq continents.

Les trois mots d'ordre de ses 42.000 collaborateurs engagement, interaction et innovation. Suite à sa politique de décentralisation effective, il est apparu au sein du groupe un besoin de support global, notamment dans la réalisation de plans stratégiques. Afin d'y répondre, l'équipe RH a implémenté un outil stratégique commun et particulier qui a permis aux entités locales partout dans le monde de mettre en place leur propres stratégies, tout en tenant compte de leur culture, de leurs besoins et de leur économie.

« Nous avons opté pour une approche bottom-up et avant tout pragmatique pour travailler sur l'employer branding, explique Kristian Vandenhoudt. Pour inciter les antennes locales, nous avons développé un outil pratique qui peut s'implémente facilement dans tous les pays afin de créer un 'Template' adapté et efficace. Ou encore, un véritable kit accompagné d'une grille prédéfinie et de cartoons aide les managers à soutenir et animer leurs équipes où qu'elles se trouvent. Nous avons présenté l'outil lors de toute une série de workshops dans le monde entier, de Jakarta à Moscou. L'idée n'est, bien sûr, pas de dupliquer ce qui se fait dans les autres pays, mais bien de partager des idées et des recettes qui fonctionnent. Bien au contraire, l'objectif ultime porte sur la détection de 'Target groups' qui définissent chacun leur propre angle de vue et leurs propres moyens de communication pertinents pour l'atteindre. Il s'agit en d'autres termes d'un projet par lequel les RH facilitent la synergie entre le marketing et la communication. » Un focus particulièrement important a été consacré aux marchés émergents, aux profils de techniciens ainsi qu'à la diversité des genres. « La principale leçon que j'ai retenu de ce vaste chantier est de garder les choses le plus simples possible. Il faut également énormément communiquer afin de maintenir le contact, en particulier en période de crise ou de tension. »

Une spirale positive

Pour lutter contre l'absentéisme, particulièrement marqué dans l'un de ses entrepôts à Anvers, Atlas Copco a pris le pari d'éviter les discours culpabilisants et négatifs et de se concentrer sur une dynamique positive. Suivant l'image d'une pyramide, la première étape de l'action a été d'attirer l'attention sur une attitude positive (« warm heart »), tout en évoquant le fond problématique (« cool brain ») pour finalement en arriver au suivi (« clean hands and fast feet ») et d'influencer de manière créative les habitudes. « En Belgique, nous avons réussi à faire baisser le pourcentage d'absentéisme de 36%. Nous en avons profité pour réfléchir de manière durable à comment améliorer la satisfaction de nos collaborateurs. Pour ce faire, nous avons sollicité l'avis des syndicats, ils jouent un rôle clé dans ce domaine. Parce que l'action n'avait pas raté son objectif, nous l'avons conclue par un événement symbolique: le management a cuisiné et servi des gaufres pour tout le personnel. Je crois vraiment qu'on sous-estime trop souvent l'importance de valoriser les réussites professionnelles. »

Le troisième projet présenté par Kristian Vandenhoudt avait pour ambition de positionner Atlas Copco davantage dans la presse belge, et par là d'augmenter la visibilité et la reconnaissance de son image de marque. Bien connue auprès des ingénieurs, Atlas Copco l'était auparavant relativement peu auprès du grand public. « Nous sommes convaincus qu'une couverture médiatique est bien plus crédible et valorisante qu'une campagne publicitaire. Bien que l'industrie en tant que telle ne soit pas très présente auprès des médias, nous sommes parvenus à nous construire une couverture intéressante tout en prenant des initiatives concrètes et en réfléchissant à des angles et des témoignages pertinents. Par exemple, il y a cinq ans, personne ne savait qu'Atlas Copco est – par ses produits – présent dans la vie quotidienne de chacun. »

Par le biais de cette action, entre 2011 et 2013, 350 articles ou reportages ont été réalisés en Belgique sur le géant suédois, avec comme conséquence collatérale un trafic significativement en hausse sur le site Internet. « Faire parler de soi est crucial pour une entreprise de notre taille, conclut Kristian Vandenhoudt. C'est une autre manière pour se présenter au monde externe. Sur ce dossier, comme sur les autres, il est impératif que l'esprit humain soit présent pour traduire les besoins du business. Je crois qu'un directeur RH ne doit pas reculer devant des notions de productivité. Dans l'avenir, nous voulons mettre en place une culture RH encore plus taillée sur mesure de nos 'clients internes'. »